[Société] Hilaire Kamga : ‹‹ le préfet du Mfoundi s'attaque aux libertés des citoyens ››

Le président de l’Offre Orange Hilaire Kamga dénonce ainsi l’article 3 de l’arrêté du préfet du Mfoundi qui interdit sur toute l’étendue de son territoire de commandement tout dépôt et/ou l’abandon de colis dans tous les lieux publics. Pour l’homme politique Hilaire Kamga, l’arrêté du préfet du Mfoundi du 12 juillet dernier est tout simplement une dérive administrative qui met à mal les libertés des citoyens à eux donnés par la Constitution. Le président de l’Offre Orange ne comprend pas comment l’autorité administrative peut décider d’interdire le dépôt de colis tels que les sacs, les paquets, les plastiques, les emballages. Il trouve encore plus aberrant le fait qu’il soit dit dans ledit arrêté qu’«est également suspect, tout personne qui se réjouit des difficultés de l’Etat ou souhaite voir l’Etat en difficulté». Pour lui, le préfet doit revoir cet arrêté. Retrouvez ci-dessous la tribune de Hilaire Kamga Dérive Administrative. Le préfet du Mfoundi s’attaque aux libertés des Citoyens. Touches pas à nos libertés fondamentales ! Je viens de lire avec stupéfaction l’arrêté signé par le préfet du Mfoundi le 12 juillet 2022. Sous le prétexte de lutte contre le terrorisme, cette autorité administrative se donne des libertés sur nos libertés. Comment peut-il, en toute sincérité, livrer les habitants de Yaoundé aux agents des forces de l’ordre, dont on sait que certains sont très véreux? A la lecture des visas de cet arrêté du 12 juillet, je n’arrive pas toujours à voir la base légale de qualification de la « détention d’un morceau de fer » en délit ou crime. Qu’il s’agisse de chauffeur, qu’il s’agisse de mécanicien, de tôliers, de soudeur, qu’il s’agisse de charpentier, etc, tous sont en contact avec des clous ou des morceaux de fer. Et combien ont-ils de badges ou autre élément certifiant de leur profession ? Comment peut-il imaginer qu’il peut, par un arrêté, créer des nouvelles sources du droit ? Même la loi antiterroriste à laquelle il fait allusion n’a jamais évoqué une expression aussi extensive du genre «se réjouir de la difficulté de l’Etat » ou « souhaite voir l’Etat en difficulté ». Je suis bien curieux de savoir dans quel module de l’Enam de son époque, il a été enseigné qu’une autorité administrative constituait une source de production ou d’interprétation de la loi. Les citoyens ont déjà des problèmes avec la loi antiterroriste, au travers laquelle, le législateur est venu consacrer des termes très dangereux comme « l’apologie du terrorisme ». Monsieur Le Préfet doit garder à l’esprit que le fait de critiquer un Gouvernement, de critiquer un Etat par rapport à sa gouvernance et sa gestion, constitue l’exercice d’un droit, du droit à la liberté d’expression consacrée par la Constitution et les textes internationaux dument ratifiés par le Cameroun, notamment le Pacte International relatif aux droits civils et politiques. Je comprends très bien l’urgence de nous protéger les citoyens contre les actes terroristes et je soutiendrai toute mesure légale allant dans ce sens. Mais hélas, le texte préfectoral constitue plus une hérésie juridique, renseignant à suffisance sur la réalité de la démocrature dans laquelle le Cameroun est plongé depuis plusieurs décennies. Il y a nécessité pour le préfet de rapporter cette décision et d’en prendre un autre qui s’adosse sur une base légale, et n’empiète pas sur nos libertés fondamentales consacrées par la Constitution.