[Divers]une société Turque veut chasser les populations bororo de leur terre

Selon Me Christian Ntimbane Bomo un appel est lancé au premier ministre chef du gouvernement dans le but de surseoir à ce projet supposé agro industriel. C’est sous forme de dénonciation et d’alerte que l’on apprend que comme à Dikolo à Douala, les populations Bororo de la région de l’Adamaoua sont menacées d’expropriation de leurs terres par le gouvernement et une société turque. « Une vaste opération d’expropriation et de spoliation des terres ancestrales appartenant au peuple Bororo se prépare dans la région de l’Adamoua, plus précisément dans le département du Djerem, arrondissement de Tibati », informe Me Christian Ntimbane Bomo de la Société civile des réconciliateurs.« Elle s’étend sur 100.000 hectares de terres. Cet espace est occupé par un ensemble de villages bororos et leur permet de cultiver et de pratiquer l’élevage. Il y a lieu de rappeler que le peuple Bororo, tout comme les pygmées est marginalisé dans les régions du septentrion, de l’Est, de l’Ouest et du Nord- ouest. On les traite dans ces différentes régions et dans bien d’autres pays africains comme la Guinée, comme des sous- hommes, des esclaves. Ils font l’objet d’incessantes brimades, d’arrestations abusives et de travaux forcés ou très mal payés », poursuit l’avocat. La complicité des élites égoïstes du département du Djerem comme on l’a vu avec celles de Douala « Leurs filles subissent des rapts et régulièrement violées. Pourtant c’est un très grand peuple, de grands éleveurs et agriculteurs. Ils sont très paisibles. Mènent leur vie en communauté. S’agissant de l’expropriation au profit d’une société turque, qui a cours dans l’Adamaoua, c’est une opération de type mafieux téléguidée comme d’habitude par des fonctionnaires indélicats de Yaoundé, avec la complicité des élites égoïstes du département du Djerem comme on l’a vu avec celles de Douala dans l’affaire Dikolo, ou dans la vallée du Ntem dans bien d’autres régions », ajoute ce dernier. « À cet effet, Nous appelons Monsieur le premier Ministre à surseoir à ce projet supposé agro industriel et de faire asseoir autour d’une table, sans aucune intimidation les véritables représentants traditionnels, les véritables élites bororos, les associations de défense des droits des peuples comme la nôtre, sur une table pour analyser cette affaire. Il est inconcevable que du fait d’un décret signé à Yaoundé, sans une véritable concertation avec les populations concernées par l’expropriation, que des familles entières, des communautés se retrouvent sans lieu de vie », recommande-t-il à l’Etat du Cameroun.