[Économie] Crise économique : Dieudonné Essomba prévient les Camerounais sur ce qui les attend

L’expert en économie Dieudonné Essomba affirme que les camerounais auront à subir 20 ans d’un autre ajustement très dur, avec la suppression des subventions, la baisse nominale ou réelle des salaires et la dévaluation. La situation économique actuelle du pays avec la vie qui devient de plus en plus chère n’étonnent pas l’expert en économie Dieudonné Essomba. Dans la tribune qu’il a intitulée «où sont les économistes», il affirme qu’en 2011 il avait indiqué que le programme des Grands Projets nous conduisait tout droit à la crise économique. La preuve aujourd’hui fait-il savoir, le pays est dans une récession profonde, son budget a été saisi et désormais géré par les bureaucrates de Bretton-Wood, et dans tout ça le Gouvernement ne peut faire quoi que ce soit. «J’ai annoncé que le programme des Grands Projets nous conduisait tout droit à la crise économique. Pourquoi? Parce que c’était un programme dit manchot. Autrement dit, il se préoccupait seulement de générer le revenu, mais sans s’intéresser de l’utilisation du revenu généré. En effet, quand vous engagez un programme de croissance, la première préoccupation est d’empêcher que ce revenu additionnel ne sorte massivement pour acheter les biens d’importation, sinon vous créez un déséquilibre de votre balance courante qui vous bascule directement dans une crise de liquidité internationale et par suite, de surendettement. Vous devez donc absolument tout faire pour limiter cette explosion de la demande extérieure en trouvant un mécanisme qui retient de force une partie du pouvoir d’achat généré par la croissance», explique-t-il. Dieudonné Essomba précise qu’en étant opposé au programme des Grands projets, c’est tout simplement parce qu’il y avait décelé une grave erreur technique. Seulement il a été incompris. Et aujourd’hui, les camerounais doivent se préparer au pire pour les 20 prochaines années. «Les gens ont passé le temps à me pourfendre, à me traiter de catastrophiste, et de faux prophète, en disant que j’annonce des malheurs qui n’arrivent jamais. Je n’annonçais pas les malheurs pour qu’ils arrivent, mais pour qu’on prenne à temps des mesures pour les empêcher d’arriver. On n’a pas voulu me croire et les malheurs sont déjà là. Et que les Camerounais ne se fassent aucune illusion. Ils doivent plutôt se préparer à subir 20 ans d’un autre ajustement très dur. Déjà, dans les jours à venir, ils subiront la suppression des subventions, la baisse nominale ou réelle des salaires et la dévaluation. Il n’existe aucun mécanisme par lequel on peut échapper à ce misérable destin…A moins de vendre une partie du Cameroun aux créanciers, dont la Chine», écrit-il.