[Société]1,6 milliards de FCFA pour renforcer la paix dans l'extrême nord

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’organisation internationale des migrations (OIM), principaux bailleurs de fonds, souhaitent mettre à contribution les services de santé pour consolider la paix dans cette région secouée par la guerre contre Boko Haram et les tensions intercommunautaires. De sources officielles, CIN a appris qu’à l’Extrême-nord du Cameroun, l’OMS et l’OIM financent à hauteur d’1,6 milliard de FCFA le projet intitulé « La santé au service de la paix : Consolidation de la paix et réduction de la violence dans les communautés de la région de l’Extrême-Nord, grâce aux interventions sanitaires et sociales inclusives (PBF) ». A travers le projet PBF, les deux organismes du système des Nations unies visent « la création de conditions d’une paix effective et durable au Cameroun, notamment à l’Extrême-nord (une région dont les populations sont victimes des affres de la crise sécuritaire née de la guerre contre Boko Haram et des conflits intercommunautaires) en utilisant les interventions sanitaires comme point d’entrée ». Au plan opérationnel, le projet va renforcer les capacités de 15 comités de santé (COSA) qui vont accompagner les communautés dans le dialogue et la planification des projets communautaires intégrant les soins de santé partagés aux services qui se sont détériorés en raison de la crise. Le PBF entend également renforcer les capacités des institutions de l’État dans les processus d’élaboration du cadre national de désarmement de démobilisation et de réintégration, en tenant compte des considérations spécifiques au genre. Le projet compte sur les responsables des 15 Cosa formés pour la coordination des programmes de formation vocationnelle pour le renforcement économique des communautés. Ces responsables vont également renforcer les capacités des groupes vulnérables, en particulier les jeunes menacés d’exploitation par des groupes armés, y compris les filles et les jeunes femmes, afin qu’ils soient dotés d’aptitudes et de compétences pour des alternatives viables à la violence. Selon l’OMS et l’OIM, les principales cibles du projet PBF sont les ex associés de Boko Haram, les personnes à risque de recrutement notamment les jeunes, les membres vulnérables de la communauté d’accueil, les représentants des communautés, chefs traditionnels et représentants des structures de santé locales, les autorités locales et responsables gouvernementaux notamment ceux du comité national de désarmement, démobilisation et réintégration (Cnddr) et les populations mobiles telles que les déplacés internes, les retournés et les rapatriés. Lancé le 16 juillet 2022 par le gouverneur de la région de l’Extrême-nord, Midjiyawa Bakari, il sera mis en œuvre dans les départements du Logone et Chari, Mayo-Sava et Mayo Tsanaga jusqu’en juin 2023.