[politique] le commissaire de police de l'aéroport de Douala en prison pour trafic de drogue

Le commissaire divisionnaire, Ahmadou Babanguida, séjourne à la prison centrale de Yaoundé depuis le 5 janvier 2023.

 

Par Benjamin Akono

 

Le haut responsable de la police a été arrêté dans le cadre d’une enquête sur un trafic de drogue à l’aéroport international de Douala. Selon nos informations, le fils de l’Extrême-Nord favorise, avec des éléments de la police, le commerce de ce stupéfiant au sein de l’espace aéroportuaire. C’était le cas au début du mois de décembre 2022. À cette époque, 12 kilogrammes de cocaïne sont interceptés aux mains des deux officiers de police. Lors de l’audition initiée par la Direction de la Sécurité du territoire(Dst) à Douala, les officiers déclarent que le commanditaire du trafic n’est personne d’autre que le patron de la sécurité à l’aéroport international de Douala. Appelé pour s’expliquer, le commissaire, Ahmadou Babanguida, va tout rejeter en bloc, révèle une source à la police à Douala.

C’est ainsi que l’affaire est portée à la connaissance du Délégué général à la Sûreté nationale(Dgsn). Martin Mbarga Nguele fait alors descendre le commissaire de police, Vincent De Paul Mevaa, chef de la cellule des enquêtes au cabinet du Dgsn, par ailleurs son secrétaire particulier (l’homme à tout faire du Dgsn”) à Douala. Il va auditionner le commissaire, Ahmadou Babanguida, les deux officiers arrêtés en possession de la drogue et un autre commissaire de police en service à Douala (son identité ne nous a pas encore été révélée) dans la semaine du 20 décembre 2022.

Le 5 janvier 2023, le commissaire Babanguida a été placé en détention provisoire à la prison centrale de Yaoundé. Pour l’instant, l’on ignore le sort des deux autres officiers et du deuxième commissaire mis
en cause.

Arrivé à la tête du commissariat de l’aéroport international de Douala en avril 2021, le commissaire, Ahmadou Babanguida, était, précédemment, chef du service des interventions à la direction de la police judiciaire du centre à Yaoundé. Certaines sources évoquent une procédure de révocation enclenchée à l’encontre du responsable de la police.

“Le trafic de la drogue, au sein de la police et même de la gendarmerie nationale, n’est pas un phénomène nouveau”

explique une source avisée.