[NOSO]Human Rights Watch accuse les séparatistes de multiplier les abus

La chercheuse spécialiste du Cameroun Illaria Allegrozzi note un regain des violences commises par les groupes armés indépendantistes depuis deux mois. Ceux-ci se voient attribuer des enlèvements avec demandes de rançons et des assassinats. Human Rights Watch dénonce les exactions causées par les groupes armés séparatistes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Dans un article publié sur son site Internet, l’organisation de défense des droits humains cite des témoignages d’anonymes. L’auteur de l’article, la chercheuse spécialiste du Cameroun Ilaria Allegrozzi, écrit que les histoires de rançons «ont trop souvent été entendues dans les deux régions anglophones du Cameroun». Elle fait remarquer que «depuis 2017, les séparatistes armés ont enlevé des centaines de personnes, dont des élèves, des membres du clergé, des dirigeants politiques et des travailleurs humanitaires, tout en appelant les régions anglophones à déclarer leur indépendance». Les séparatistes sont accusés d’avoir imposé un boycott des établissements scolaires dans les mêmes régions anglophones dans le but de «protester contre ce qu’ils dénoncent comme l’assimilation du système éducatif anglophone dans le système central francophone». Human Rights Watch constate «un regain de violences commises par les séparatistes depuis deux mois».L’organisation rappelle les assassinats, le 13 février 2021 par les séparatistes, de trois chefs de tribus dans le village d’Essoh Attah, dans la région du Sud-Ouest «parce qu’ils avaient refusé de leur reverser les bénéfices de leurs ventes de cacao et avaient promu l’éducation, selon les médias».L’histoire du proviseur d’un lycée à Eyumojock tué et d’un autre blessé à Tinto (Sud-Ouest) le 9 Janvier 2021, et qui est rapportée par le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) et les médias, est aussi relayée dans l’article de Madame Allegrozzi. Les séparatistes sont accusés d’avoir entravé l’acheminement de l’aide humanitaire et d’avoir tué et torturé ceux qu’ils soupçonnaient de collaborer avec les autorités et les forces de sécurité. «Les combattants séparatistes harcèlent tout le monde. Ils exigent de l’argent et si vous n’êtes pas en mesure de payer, ils vous menacent ou vous kidnappent», lit-on dans des propos attribués à un homme de 35 ans. «Les forces armées camerounaises, qui ont mené de multiples opérations marquées parfois aussi par des violations dans les régions anglophones, devraient garantir plus efficacement la protection des civils. Le Conseil de sécurité de l’ONU et les partenaires internationaux du Cameroun devraient faire comprendre aux dirigeants séparatistes que ces crimes ont des conséquences, notamment en imposant des sanctions ciblées, telles que l’interdiction de voyager et le gel des avoirs, à tous ceux dont la responsabilité est établie dans ces exactions», suggère Human Rights Watch.


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